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Inervention de Luc Foucault à l'AG 2018

Intervention de Luc Foucault, président de l'Aric à l'AG 2018

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Dans moins de 18 mois, nos mandats politiques locaux s’achèveront. Pour les uns, ce sera l’occasion de tourner une page quand d’autres auront envie de repartir. Un point cependant nous rassemble :  tous, nous avons à cœur de créer les meilleures conditions possibles pour passer le relais ou pour continuer. C’est d’ailleurs le thème de notre assemblée générale : «  Préparons 2020 : quelles méthodes, quels outils pour mobiliser les élu-e-s de demain ? » Nous nous inscrivons tous dans une histoire : celle de notre commune, de notre territoire. Comme élu.e.s, nous y donnons de notre temps et y tissons quotidiennement  des liens souvent riches avec nos concitoyens. Nous  y trouvons tout à la fois de la reconnaissance, du plaisir et... du sens ! C'est au fond le plus important  parce que c'est le moteur !

Certes on attend beaucoup de nous : d’abord de la disponibilité, de l’écoute. Il nous faut tout à la fois porter attention à chacun et servir l’intérêt général, favoriser la cohésion, le « vivre ensemble » et encourager toutes les expériences qui émergent sur nos territoires et qui souvent peinent à se faire connaître ou reconnaître. Nous répondons présents constamment pour appuyer et impulser. Cependant, et pour beaucoup, le mandat en cours n’a pas été pas de tout repos. Nous avons souvent dû affronter des « vents contraires » ou des imprévus. Cinq éléments – au moins- sont venus modifier notre plan de route, parmi lesquels :

1.  La montée en puissance des intercommunalités. L’organisation territoriale s’est complexifiée enchevêtrant parfois un peu plus les politiques publiques - même si ce n’était pas le but recherché. Beaucoup d’élus municipaux n’y trouvent pas leur place : ce qui laisse place à de la frustration voire de l’amertume.

2.  Le resserrement des dotations aux collectivités. Avec la baisse des dotations, les marges de manœuvre financière se sont rétrécies. Nous avons dû beaucoup arbitrer et parfois même ajourner des actions pourtant inscrites dans nos programmes électoraux. A défaut de faire plus avec moins, il nous a faut constamment ré-expliquer que nous devons faire désormais autrement.  

3.  La fin d’un cycle . Parallèlement aux restrictions budgétaires, chaque jour, nous prenons conscience de la finitude d’autres ressources : les énergies  par exemple, mais aussi le foncier. Ce qui nous oblige à réfléchir autrement les investissements publics et l’aménagement des espaces. Cette fin de cycle marque aussi le début d'un autre : il nous faut  accompagner nos concitoyens vers de nouveaux modes de vie, de consommation, de déplacements  et leur faire accepter des changements que nous même nous avons parfois du mal à anticiper...

4.  L’explosion du numérique. Elle  a modifié très rapidement nos façons de communiquer avec nos concitoyens et dans nos équipes, multipliant le champ des partages … au risque parfois de nous exposer un peu trop, quelquefois de nous fragiliser... Sur les réseaux sociaux, chacun est en capacité de réagir à tout, tout de suite …et le faire savoir ! Face à la diffusion instantanée d’informations tout azimut, nous sommes assaillis de questions : . A quoi répondre ? Faut-il répondre ? Comment le faire ? Comment inventer de nouvelles formes de travail avec le numérique ? Pour ne pas subir, il va nous falloir nécessairement nous familiariser avec ces outils…

5.  L'implication citoyenne. Aujourd’hui dans nos communes, nombreux sont les habitants qui revendiquent  vouloir participer aux projets. Parfois ça bouscule nos façons de faire, ça remet semble remettre en cause notre positionnement. nous force à d’adapter notre « gouvernance ». Comment y répondre ?  Faut-il y répondre ? Pourtant, en s’y prenant bien, la vitalité de notre démocratie locale en sort souvent renforcée et  les liens élus-habitants resserrés.

6.  L'entrée des femmes en politique et leur prise de responsabilité progressive dans les exécutifs locaux.
Face à ces évolutions, ces changements - plus ou moins marquées selon les  territoires -  notre fonction d’élu-e est sans cesse ré interrogée. Parfois bousculée. Dans son rôle d'accompagnement des élus locaux, l'Aric est un « réceptacle » de toutes ces difficultés vécues par des élu-e-s mais aussi de toutes les opportunités qu'elles génèrent.

Partant de  ces constats et d’un certain découragement exprimé par des élu.e.s,  les membres du Conseil d'Admistration de l'Aric se sont questionnés ces derniers mois.
•  Comment accompagner le mieux possible les élus bretons individuellement mais aussi les équipes municipales ou communautaires ? Comment  leur permettre à la fois de monter en compétences et les aider à mettre en place des méthodes de « gouvernance » plus efficientes  et plus collaboratives?
.  Comment anticiper dès à présent les attentes et les besoins des futurs élus, c'est-à-dire  de ceux issus des élections de mars 2020 ? Ils seront vraisemblablement plus jeunes. Ils seront  aussi plus connectés. Les femmes y tiendront plus de postes -clé. Sans doute auront-ils acceptés de s'engager  pour des raisons différentes de celles sur lesquelles nous avons nous mêmes fondé notre engagement ?
C'est en travaillant ces deux questions que les membres du Conseil d'Administration de l' Aric ont fixé – en plus des actions déjà engagées - deux nouveaux chantiers pour l'année qui vient:

1. Nous permettre d'aller aux devant des citoyens de nos territoires pour leur permettre de comprendre ce qu'est la fonction d'élu-e  et peut être leur en donner le goût. C'est le sens des soirées citoyennes : « Elu-e-s demain : pourquoi pas moi? ». Ces soirées pluralistes non partisanes seront animées par l'Aric sur la demande de groupements de communes ou d'intercommunalités adhérentes à notre association. A partir de thématiques ciblées et débattues, il s'agira à chaque participant de mieux comprendre ce que recouvre et impose la fonction d'élu, ce qu'elle permet aussi. C'est à court terme un investissement pour l’Aric. A moyen terme, il pourrait se révéler bénéfique  pour son image et sa notoriété auprès de futurs élu.e.s.

2. Adapter nos outils et nos méthodes aux élus de demain. Dans un monde où les échanges sont de plus en plus  dématérialisés et numérisés, l'Aric doit revoir à la fois ses supports et ses modes de communication à l'intérieur de son réseau mais aussi vers l'extérieur. De la même façon, elle doit aussi nécessairement revisiter ses formats de formation et d'accompagnement des élu-e-s et des équipes. Il ne s'agit pas de tout bousculer mais de faire évoluer progressivement les formats des  formations d'aujourd'hui basés pour l'essentiel sur du « présentiel ». Les formations de demain pourront inclure des étapes de préparation ou de suivi plus personnalisées grâce à des modules à distance, que nous comptons initier en 2019, pour être prêts en 2020.  

Notre calendrier, c’est d’expérimenter tout ce qui pourra l’être dès 2019 pour être en capacité de proposer de nouveaux kits de formation aux élus de 2020. Pour ce faire, nous devrons mobiliser des ressources humaines et financières importantes sur le prochain exercice. Il est un élément supplémentaire que nous devons prendre en considération : à compter de 2020, tous les élus ayant reçu une délégation – c'est à dire les maires, leurs adjoints et les conseillers délégués – devront suivre une formation leur permettant d'exercer au mieux leurs mandats locaux. Envisagée jusqu'alors que pour les élus des communes de plus de 1000 habitants, cette formation pourrait être étendue à toutes les communes qu’elle que soit la taille. Ce que nous ne pouvons qu'appuyer. Avec  un réel défi  pour l'Aric : être en capacité de faire face à toutes les demandes de formation qui devraient affluer. C’est pourquoi l’Aric va proposer dès 2019 aux collectivités adhérentes et en particulier aux communautés, de préparer des plans de formations pour accueillir les nouveaux élus, afin qu’ils entrent tout de suite dans de bonnes conditions dans leur fonctions.

Profitant de votre présence nombreuse pour cette AG, nous avons choisi de vous mettre à contribution pour nous épauler dans la nouvelle séquence qui va nous conduire jusqu’aux élections de 2020.. Concrètement, nous allons vous demander de vous répartir en atelier autour de 5 thématiques qui sont au cœur des préoccupations et des actions de l'Aric s’apprête à déployer :.
•    Mobilisation citoyenne : comment motiver des habitants à s'engager dans la vie publique locale ?
•    Les étapes clé « pour y aller » : quelles méthodes et quel échéancier pour bien se préparer aux élections ?
•    Les nouvelles formes de communication : quelle place des outils numériques et collaboratifs dans l'exercice de notre mandat ?
•    Femmes élues : après la parité, comment encourager des femmes à participer à la vie publique ?
•    Nouvelles formes de gouvernance : comment passer d'élu-e gestionnaire à élu.e « animateur/trice » d'un territoire ?

Chaque atelier sera animé par un binôme. L'important étant que vous puissiez tous vous y exprimer. Oralement mais aussi en nous laissant un trace écrite de vos réflexions. Afin que chacun apporte sa pierre au vaste chantier. Comme chacun ne pourra  participer qu' à un seul des 5 ateliers, un grand témoin en la personne de Christian Bart, nous fera une restitution de l'ensemble en y ajoutant son regard  personnel et avisé de spécialiste des questions de gouvernance des collectivités territoriales.

 Je vous souhaite un bon travail !

                    

 

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