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“La curiosité, le meilleur atout pour une élu.e locale”

“La curiosité, le meilleur atout pour une élue locale”

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Initiatives locales

Annie Delaunay, adjointe à Pancé (1200 habitants), profite de cette fin de mandat pour faire un bilan. Depuis 2014, ses délégations et fonctions ont évolué. A l’origine, adjointe à l’économie et au développement, mais aussi vice-présidente de Vallons de Haute Bretagne Communauté (35), elle a dû laisser son mandat à l’intercommunalité et élargir son champ de compétences communales suite à l’application de la loi NOTRe. Rencontre.

Être élue, un plongeon dans un monde complexe mais fascinant

Elle n’avait jamais envisagé d’être élue un jour, mais les circonstances de la vie en ont décidé autrement. Bénévole dans une troupe de théâtre pendant 30 ans, elle avait décidé de faire un break en 2014. Pourtant, Annie Delaunay a fini par rejoindre la liste du maire actuel pour les municipales. “Un.e élu.e doit s’impliquer, être disponible, mais surtout posséder une forte dose de curiosité” conseillet- elle. Un pré-requis lui parait aussi indispensable : s’approprier l’environnement institutionnel local pour comprendre les interactions, mais aussi pouvoir se rendre aux réunions, profiter des rencontres, poser des questions, faire des lectures qui sont autant de sources d’informations. “Il faut se préparer, étudier les dossiers pour ne pas être submergée. Dans les petites communes, on ne peut pas s’appuyer sur des directeurs de pôles, il faut se former !”

Une fonction chronophage
D’un point de vue personnel, elle a vécu une belle aventure humaine, “On apprend tous les jours.” Mais elle a constaté que le lendemain de l’élection le regard des habitants change. Les voisins, amis ont, dès le lendemain, des sollicitations comme si un élu.e. devenait compétent.e du jour au lendemain. Elle avoue avoir été perturbée les premières semaines, et devenue plus prudente dans ses propos. Dans les premiers mois, la fonction est très chronophage : “Il faut tout apprendre. Je pense qu’on n’est jamais assez prévenu. On s’entend dire : c’est pas lourd, tu verras, mais il y a du temps à donner. J’ai aussi mesuré que la règle de la parité ne profitait pas forcément aux femmes dans beaucoup d’exécutifs. On ne doit pas s’engager sans avoir aussi le soutien de la famille.” La première année, en tant que vice-présidente de la communauté, elle passait en moyenne quatre soirs par semaine en réunion.Elle a fait le choix de ne pas travailler le vendredi pour assumer sa fonction d’élue.

La préparation des élections
Elle a soutenu le maire dans la constitution de la liste, un exercice périlleux. Avec du recul, Annie Delaunay, s’aperçoit que les relations humaines peuvent poser problème en cas de casting composite. Elle rappelle : “Nous n’avons pas d’outils type entretien, ni de fiche de poste. Avant l’élection, chacun y met sa propre représentation. Certains s’attachent à proposer des projets, d’autres sont dans l’attente ou trop dans la réaction, on ne raisonne pas tous pareil et cela provoque parfois des décalages entre les élu.e.s.” Et ajoute : “Je soutiens l’idée d’une charte des élu.e.s. Je préfère huit élu.e.s qui s’impliquent, que quinze élu.e.s sans représentativité. Pour les prochaines élections, je prône un abaissement du nombre d’élu.e.s municipaux, moins d’élu.e.s mais de véritables acteurs au sein de l’équipe.” Aux nouveaux élu.e.s, elle conseille de ne pas s’éparpiller, choisir deux ou trois commissions et garder cet esprit de curiosité et d’enthousiasme.
 

Jérôme Guesdon
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Annie Delaunay, adjointe à Pancé (35)
Annie Delaunay, adjointe à Pancé (35)
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3 Rue du Tertre Gris
35 320 Pancé
Tél. 02 99 43 01 13
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