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“Réduire les emprises des surfaces urbanisables afin de préserver les surfaces agricoles”

“Réduire les emprises des surfaces urbanisables afin de préserver les surfaces agricoles”

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Initiatives locales

“Le Plan local d’urbanisme (PLU) est l’occasion de valoriser le potentiel local pour un développement durable”. Patrick Camus, maire-adjoint à Plougoumelen (56) en charge de l’environnement, de l’urbanisme et du foncier, témoigne de la démarche engagée.

Vous venez de réviser le PLU de votre commune : comment avez-vous pris en compte les orientations du SCOT, du PLH et de l’ensemble des textes réglementaires ?
Le PLU que nous proposons à l’enquête publique a été élaboré avec, au préalable, un diagnostic agricole, un Atlas de la biodiversité communale (ABC) et des adaptations locales en lien avec les préconisations supra-communales du SCOT, du PLH, de la Charte du Parc naturel régional Golfe du Morbihan et du Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) etc. Comment on s’y est pris ? En réunissant, aidé par un bureau d’études, les élus, les services communaux et ceux de Golfe du Morbihan Vannes agglomération dont nous faisons partie. Pour le diagnostic agricole réalisé en 2015 nous sommes partis des premiers concernés : les agriculteurs et la chambre d’agriculture et avec l’aide de “spécialistes” nous avons choisi de favoriser le maintien, les installations et les transmissions. Avec la mise en oeuvre de l’ABC et dans le cadre de la loi Alur nous avons introduit une Orientation d’aménagement et de programmation (OAP) spécifique pour la prise en compte de la biodiversité dans les documents d’urbanisme. A l’inverse des OAP sectorielles, opposables à des secteurs identifiés, l’OAP thématique est opposable à toute autorisation d’urbanisme, dans un rapport de compatibilité, sur la totalité du territoire communal.

Avez-vous déterminé les éléments de développement durable dont vous souhaitiez faire la promotion ?
Ensemble, nous avons produit, entre 2016 et 2018, un Atlas de la biodiversité communale. Il s’agissait :
- de faire un inventaire de la faune et de la flore locale
- de motiver les habitants à partir d’animations et d’actions de science participative. (Ces dernières ont mobilisé près de 1 000 personnes sur deux ans)
- de définir un programme d’actions concrètes telles que, réaménager d’anciennes mares, faciliter les déplacements doux, favoriser la circulation des espèces animales par des acquisitions foncières, analyser et rétablir les continuités des trames vertes et bleues, adhérer au programme Zéro phyto, travailler avec les écoles primaires, participer à la préservation des paysages emblématiques etc.
Pour nous, il est essentiel d’harmoniser les temporalités différentes des documents d’aménagement du territoire tels que SCOT, PLH, PLU, SRCE (Schéma régional de cohérence écologique), charte du PNR. Ainsi, lors de la densification de l’habitat dans le secteur aggloméré du bourg nous avons introduit la prise en compte de la biodiversité en introduisant les trames vertes et bleues dans les futurs lotissements. De plus, nous nous sommes attachés à réduire les emprises des surfaces urbanisables afin de préserver les surfaces agricoles. Développer une commune où il fait bon vivre !

Comment les enfants de la commune sont-ils acteurs des choix et orientations de leurs aînés ?
De plusieurs manières : d’abord au travers du conseil municipal des enfants très sensibilisé à la pollution, au tri sélectif, à la biodiversité, aux opérations nettoyage, à la mise en place d’une Aire marine éducative (AME), etc., ensuite en partageant le déjeuner avec les aînés au restaurant scolaire où ils échangent et prennent en compte l’expérience des uns et des autres. Les enfants apprennent à limiter le gaspillage alimentaire et pèsent régulièrement les déchets des repas. Ainsi se construit un “vivre ensemble” qui favorise échanges et transmissions des savoirs.

Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui se lancent, comme vous, dans la révision d’un PLU en valorisant l’approche environnementale ?
Ce qui est important, c’est d’avoir une approche la plus transversale possible. Aborder le PLU, à partir de chacune de ses facettes et de ses enjeux et donc de ces spécificités locales, est nécessaire mais pas suffisant. Utiliser tout le potentiel humain local est primordial et pouvoir le décliner grâce aux compétences des bureaux d’études est possible de façon complémentaire. Il faut donc optimiser au maximum et définir une solide gouvernance du projet. Animer la diffusion des informations locales est aussi important que d’avoir de bonnes idées et de se préparer à prendre de bonnes décisions. C’est pourquoi, notre Hebdo, “news letter” locale, (on en est à la 210e parution) à laquelle sont abonnées 500 personnes (grâce à leurs adresses électroniques) est un vecteur d’informations disponibles pour alimenter le débat et l’information locale. De plus, une édition papier limitée est diffusée dans les commerces de proximité. Tout cela concourt à une démarche citoyenne et favorise les liens.


Propos recueillis par Paul Coulon

 

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Patrick Camus, maire-adjoint à Plougoumelen (56)
Patrick Camus, maire-adjoint à Plougoumelen (56)
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Mairie de Plougoumelen
5 rue Yves de Pont Sal
56 400 Plougoumelen
Tél. 02 97 57 84 74
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