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«Travailler ensemble pour réussir son mandat»

"TRAVAILLER ENSEMBLE POUR RÉUSSIR SON MANDAT"

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Initiatives locales

Lorsque l’on circule dans le centre de Saint-Georges-de-Reintembault, on observe en découvrant son patrimoine bâti, que cette commune a un passé et une histoire. En échangeant avec son maire, Marie-Claire Boucher, on apprend également que l’on y vit au présent et qu’elle possède un avenir... Rencontre.
 

Pouvez-vous nous présenter votre commune ?
A la frontière de la Bretagne et de la Normandie, Saint-Georges-de-Reintembault, commune d’Ille-et-Vilaine de 1619 habitants, située à 20 km de Fougères possède de réels atouts liés à sa ruralité. Elle rassemble plus de 20% de la population du canton de Louvigné du Desert et y représente près du quart des emplois. Pour autant cette commune est aux marges de la Bretagne : à 70 km du développement rennais, ni en milieu littoral, ni au bord de l’A84, le développement n’y est pas « spontané ».  Elle doit mener une lutte incessante pour maintenir et développer son dynamisme.
 

La commune se caractérise par sa ruralité ?
En effet, Saint-Georges est une commune rurale mais entendons-nous sur le terme ruralité : il est trop souvent représenté de manière négative ou réductrice (« ruralité profonde » !!!) . La ruralité c’est un lieu qui privilégie la relation sociale de qualité c’est une alternative à l’urbain et c’est un espace de proximité. Nous le constatons, les nouveaux habitants, par leur retour à la terre veulent donner un sens à leur vie. C’est pour nombre d’entre eux un véritable choix. Ils constituent pour nous un réel apport.
 

Dans ce contexte quels sont les enjeux et les objectifs pour la commune ?
Les objectifs sont clairs : bien vivre à Saint-Georges et pour cela, maintenir et développer nos activités. Ainsi, l’axe privilégié de notre action est la redynamisation de notre centre-bourg. Un cœur de bourg vivant c’est alentour une campagne vivante. Les enjeux, en termes de gestion locale, sont de trouver les moyens pour y parvenir.
 

Précisément quels sont-ils ?
Avant d’évoquer les moyens, il convient de préciser le projet. Il s’inscrit dans la durée. Il relève une série d’actions complémentaires qui vont du maintien de notre distributeur de billets à la location gérance d’un commerce de proximité (bar-presse-jeux et bientôt, restaurant…) mais passe aussi par de l’aménagement urbain et du soutien à l’action culturelle et associative. C’est cette approche à la fois globale et transversale qui caractérise notre projet. Elle s’inscrit dans les politiques de revitalisation de la Région comme du Département ou de l’Europe. Pour le mettre en œuvre, il nous faut en effet disposer de moyens et notamment d’une capacité financière. La réduction des participations de l’Etat (diminution de 300.000€ de dotation sur une période de 5 ans), le niveau d’endettement de la collectivité, les charges récurrentes, les limites de la fiscalité, nécessitent de faire preuve d’initiative. Assistés d’un consultant spécialisé nous avons analysé précisément nos finances locales en étudiant particulièrement la dette avec pour objectif d’en réduire le coût. (restructuration et renégociation des emprunts). Ajoutée à des efforts apportés au fonctionnement (réorganisation de certains services, nouvelles répartitions des tâches…) cette opération nous a redonné des marges financières et éclairés sur la planification de nos projets. (Engagements, programmation…).
 

Cela est-il suffisant ?
A l’évidence, Non ! Les aides extérieures sont indispensables Nous avons ainsi sollicité des financements croisés auprès du Département de la Région et de l’État ainsi qu’auprès des fonds européens.
 

Ces financements sont faciles à obtenir ?
Ces dossiers de demande de subventions ne sont pas des dossiers classiques, ils doivent être construits et argumentés en terme d’approche globale, de planification urbaine, de Programme pluriannuel d’investissement (PPI) , de faible consommation d’espace, de dialogue avec les habitants… Bref ils doivent montrer notre volonté à engager des changements dans notre façon d’aborder le développement de nos communes. Dans ce domaine, rien n’est facile et c’est la qualité du dossier et de son contenu qui sont pris en compte. La phase préalable, consacrée aux études, a été déterminante pour obtenir ces aides.  Elle nous a permis de bien définir nos besoins et nos priorités. Il ne s’agit pas de reproduire ce que l’on sait faire mais davantage de porter un nouveau regard sur notre collectivité. Ce n’est pas le montant de l’investissement qui est important, mais sa pertinence.
 

Là aussi vous avez bénéficié d’une expertise ?
Une architecte urbaniste et la chargée de mission « revitalisation » de Fougères Agglomération nous ont accompagnés, mais les élus se doivent d’être impliqués pour orienter et s’approprier le dossier.
 

Sur ce point vous avez des méthodes particulières de fonctionnement ?
Le principe même de la démocratie locale n’est pas l’exercice d’un pouvoir solitaire, mais celui de faire partager les projets par une équipe et par les habitants. Au début du mandat nous ne nous connaissions pas, mais nous avons appris à travailler ensemble. Majorité comme minorité, chacun a des idées à faire valoir, tous les avis, doivent être entendus. Il peut exister quelques tensions, mais lorsqu’il y a un respect mutuel et un souci de dialogue ces confrontations sont saines. Dans cet esprit je pratique la délégation et j’ai la chance d’avoir des adjoints(tes) avec qui je travaille en parfaite confiance. J’assumais la fonction d’adjointe lors du précédent mandat et il est vrai que la fonction de maire est différente. Je l’ai découverte. Elle nécessite un réel investissement mais elle permet une approche globale particulièrement motivante.
 

Votre mission s’inscrit aussi dans un cadre intercommunal ?

Absolument et au cours de ce mandat la loi NOTRE a modifié sensiblement l’intercommunalité. D’une communauté de communes à huit nous sommes passés à une communauté d’agglomération :  Fougères Agglomération, qui compte aujourd’hui 29 communes avec de fortes disparités. Saint-Georges n’appartient pas à la catégorie la plus privilégiée, mais notre spécificité est reconnue par l’agglomération et inscrite comme pôle secondaire dans les différents documents stratégiques tels que le SCOTT ou le P.L.H. Les réalités de nos communes sont différentes, mais là aussi il faut apprendre à travailler ensemble, s’ouvrir à d’autres partenaires (associations, entreprises, habitants…). C’est de cette diversité et de cette complexité territoriale que se nourrit le projet de territoire en cours d’élaboration.
 

Quel bilan tirez-vous de vos actions ?
On ne peut jamais tomber dans une satisfaction béate. Il nous reste beaucoup à faire, mais nous mesurons toutefois le chemin parcouru à travers nos actions diverses et ce qu’elles ont induit. Petit à petit, le bourg change, renforcé, par effet domino, par les investissements privés de rénovation ou de réhabilitation de maisons, d’espaces commerciaux, (rénovation de la surface commerciale du centre bourg appartenant à un privé) ou encore, grâce à la réhabilitation conséquente par le Département du collège public situé en cœur de bourg également. En définitive et au-delà des contraintes et difficultés de tous ordres, mon engagement est de contribuer à la création d’une dynamique pour assurer le développement de notre commune et de son territoire, dans un cadre collectif.

 

Propos recueillis par Michel Morin
Contact
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Marie-Claire Boucher, maire de Saint-Georges-de-Reintembault
Marie-Claire Boucher, maire de Saint-Georges-de-Reintembault
Adresse
MairIe de Saint-Georges-de-Reintembault
2 rue Janvier
35420 Saint-Georges-de-Reintembault
Tél. 02 99 97 01 13
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